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io

Résidence de création du 28 avril au 6 mai
· Cie T’as un truc entre les dents

" C’est l’histoire de nos mots qui ne peuvent pas tout dire, jamais dire assez nos jamais jamais, l’histoire de nos batailles qui ne seront pas inscrites sur les plaques des rues et qu’est-ce que ça peut nous faire, les traces en sont partout, contagieuses." - Lola Lafon, De ça je me console

Le mythe raconte que Io fut traquée et violée par Zeus. Qu’il la transforma en vache, la laissant silencieuse dans son malheur. Qu’un jour, pris de pitié, Zeus la libéra. Mais ce que le mythe ne raconte pas, c’est la lutte que mène Io lorsqu’elle est enfermée dans le silence. C’est dans ce moment que plongent les deux comédiennes, pour en faire resurgir toutes les fois où la parole est empêchée, ignorée, reprochée, décrédibilisée. «io» est une succession d’actes, de tentatives, où se dessinent les vécus de toutes les personnes qui, aujourd’hui, tentent de dire ce qui ne se dit pas.

Tu tiens le fil dans tes mains / Tu es assis.e face à un cadre accroché au mur / Longtemps tu as maquillé l’obscurité / Tu le noues / Aujourd’hui tu sens du bout des doigts la brèche, une fissure en dedans / Tu traces / Tu ouvres les yeux dans ton sommeil. Bruits de vaisselle / Tu relies les points / Tu cherches, tu cherches quels mots seront les tiens, des mots que tu ne connais pas / Tu attaches / Tu voudrais dire ce qui ne se dit pas / Tu les croises / Voir ce qui est là depuis le début. Table en bois maculée de taches de gras / Tu tisses / Tu dois parler de cette cage de verre, de cette époque d’il y a longtemps / Tu vois des points partout / cette époque dont on n’a pas besoin de parler / Tu tisses ta toile / Cette époque assise dans son grand fauteuil de velours vert, qui te regarde, impassible / Tu entrelaces /

Tu t’appelles Io

Tu tisses / Toi qui es tombée dans les griffes de Zeus sous les yeux de ton père / Toi qui as été transformée en vache / Toi qui as fui pour regagner forme humaine / Tu débordes / Toi qui retrouves la mémoire et les mots / Toi qui veux éclairer le passé pour te défaire de lui / Ta toile inonde / Tu veux dire / A l’intérieur de ta bouche sont cantonnées des marches au galop / Ta toile est partout / Tu veux / Ta toile t’engloutit / Tu vas parler d’inceste

Retrouver la mémoire et les mots. Révéler les liens qui enferment. Eclairer le passé pour se défaire de lui. Pas de hiérarchie, pas de chronologie dans cette succession d’actes. Des tentatives, des sursauts qui tendent vers un objectif, un point de fuite : dire.

Une sortie de résidence est prévue le mardi 6 mai à 19h au Théâtre La Cité. Entrée sur réservation, gratuit sur adhésion ou 5€ sans adhésion.
Pour réserver : contact@theatrelacite.com